30.08.2010

Strudel au chou

 

P1200965b.jpg- Alors la Cocotte, vos vacances ?

- Euh, mes vacances ? Euh, comme une poule....

Mouillées, liquides, trempées, détrempées, rincées, à tordre, à faire sécher, avec un parapluie, un K-way et une paire de bottes.

- Oh, pauvre Cocotte ! Mais c'était où ?

- Sur un axe Venise-Kiel, d'abord l'Italie puis l'Allemagne, avec une belle étape en Autriche.

L'Autriche ! Vous connaissez ?

Ce pays où tous les hommes ou presque portent des culottes de peau, avec de grosses chaussettes, de grosses chaussures, un chapeau vert et des bretelles brodées.

Ce pays où toutes les femmes ou presque déguisées en Heidi accompagnent leur mari en culotte de peau, en yodlant gaiement, pour rassembler les vaches perdues dans la vallée.

Ce pays où des nains de jardins côtoient des géraniums sur les fenêtres de maisons colorées.

Ce pays qu'on traverse en passant d'un tunnel à l'autre ou en longeant des centaines de lacs.

Ce pays où l'on fait des gâteaux qui mesurent plus de 20 cm de haut.

Ce pays où l'on aplatit des escalopes de porc jusqu'à en recouvrir une grande assiette, que l'on pane pour qu'elles deviennent viennoises.

Ce pays qui transforme tout en strudel.

Ah le strudel ! Vous connaissez ?

C'est un rouleau de pâte, étalé le plus possible, qu'on farcit habituellement de pommes  mais que les Autrichiens farcissent de tout ce qu'ils ont sous la main, légumes, fruits, viandes, géraniums, nains de jardin...

Un rouleau de pâte qui ressemble à un tunnel...

Le strudel au chou, vous connaissez ?

Il vous faut :

Pour la pâte à strudel :

250 gr de farine

100 ml d'eau tiède

1 oeuf

1 cuillère à soupe d'huile

du sel

Mélangez tous ces ingrédients. Formez une boule. Laissez-la reposer une heure au frigo. Étalez-la le plus finement possible en lui donnant la forme d'un rectangle.

 

Pour la farce :

1 quart de chou blanc

Un peu d'huile

1 poivron rouge

1 gousse d'ail

sel et poivre

quelques grains de cumin

 

collage.jpgRâpez le chou. Faites-le blanchir à l'eau bouillante pendant 2 minutes.

Faites chauffer une ou deux cuillères d'huile dans une casserole puis faites revenir le chou et laissez-le cuire à feu doux pendant 40 minutes. Détaillez un poivron en rondelles et ajoutez-les au chou. Faites de même avec la gousse d'ail. Salez, poivrez et ajoutez quelques grains de cumin, histoire d'aider à bien digérer le chou.

Quand c'est cuit, étalez le contenu de la casserole sur la pâte, roulez-la en la serrant bien pour former un gros boudin. Badigeonnez de lait ou de jaune d'oeuf et passez votre strudel dans un four chaud (160°c) pendant 30 minutes.

Si vous êtes paresseux, optez pour de la pâte feuilletée déjà prête. Ne la prenez pas en rond mais en carré que vous étalerez au rouleau. Vous pouvez au moins faire ça ! C'est pas trop demandé. Vous vous êtes tourné les pouces pendant 5 semaines alors....

Bonne rentrée à vous tous et bienvenue à trois nouveaux abonnés.

Revenez vite voir la Cocotte. Elle vous a ramené plein de bonnes recettes dans ses valises.

26.07.2010

Des piadine

P1010707.jpgAh, les piadine ! A la simple évocation de ce mot, la cocotte en connaît qui en bavent déjà.
Les piadine, vous connaissez ?
C'est une recette qui vient d'Italie et plus précisément d'Emilie-Romagne.
Cette région se trouve entre la Lombardie et la Vénétie au nord et la Toscane et les Marches au sud.
La ville principale est Bologne.
Or donc, la piadine, appelée Piè par les autochtones romagnoles, est préparée dans des petits kiosques le long des routes. Ces kiosques ont des couleurs imposées qui rappellent celles des parasols installés sur les plages de la Riviera.
La piadine est une galette faite de farine, d'eau et de saindoux, qu'on farcit de plein de bonnes choses comme de la roquette, de la coppa, du fromage, etc...
Il y en a même qui la tartinent de Nutella !
Quand vient l'été et avec lui, la roquette et les tomates rouges et pleines de goût, la Cocotte en fait et en refait, sans jamais se lasser ni lasser les autres. C'est un plat complet qu'on remplit suivant ses envies. Il faut juste avoir les bons produits.

Il vous faut :
pour une dizaine de piadine
500 g de farine
un peu d'eau tiède (25 cl)
un peu de sel
un peu de saindoux ou du beurre mou (50 g) ou de l'huile d'olive
un peu de levure

P1010715.jpgVous mélangez tout ça pour faire comme une pâte à pain. Vous laissez reposer pendant 30 minutes.
Puis vous faites des petites boules  que vous aplatissez au rouleau à pâtisserie pour en faire un disque de 25 cm environ.
Vous faites chauffer sur le feu une plaque en fonte et vous faites cuire vos piadine les unes après les autres. Une fois cuites, vous les couvrez pour éviter qu'elles sèchent.
Il ne faut pas plus de 2 ou 3 minutes pour les faire cuire.

Au moment de servir, vous les faites réchauffer un peu sur la plaque.
Et vous farcissez la moitié de la piadine de salade, style roquette, de rondelles de tomate, de coppa, de fromage type Mozzarella, de feuilles de basilic tout frais... Vous déposez un filet d'huile d'olive et vous fermez votre galette comme un livre, comme une demi-lune !
Et vous croquez à pleines dents dans ces galettes à tomber.

Si vous êtes paresseux, sachez qu'on peut en trouver des toutes-faites dans les bonnes épiceries italiennes mais aussi chez un hard-discounter allemand dont le nom commence et finit par L.
Chez ce « soldeur » teuton, elles sont moins bonnes que celles que vous ferez mais la Cocotte comprend les paresseux.

22.07.2010

Poulet glacé d'Hanoï

 

P1190335b.jpg

Une petite recette subtilement parfumée à la lemon-grass, qu'en diriez-vous ?

Vous dites oui :

a. parce que vous êtes poli mais vous ne savez pas ce que lemon-grass signifie.

b. parce que vous savez ce qu'est la lemon-grass et vous savez que ça va être bon.

c. parce que vous aimez la Cocotte et que vous vous dites : "si elle en parle, c'est que c'est bon !"

Vous dites non :

a. parce que vous ne connaissez pas la lemon-grass et que vous ne voulez pas le dire.

b. parce que vous savez ce que c'est et que vous n'aimez pas.

c. parce que vous n'aimez pas la Cocotte et que vous vous dites : "mais qu'est-ce que je suis venu faire sur ce blog ?"

Allez, dites oui, vous allez tout savoir sur la lemon-grass !

C'est une espèce de poacée, tout comme le bambou, le chaume, connue sous les noms aussi divers qu'exotiques de citronnelle d'Inde, de Madagascar, de Malabar ou de Cochinchine. En infusion, dans les curries ou dans les soupes, elle apporte une saveur fortement citronnée.

Vous voyez, c'était pas long et en plus, ça va être bon.

 

Il vous faut :

1 poulet

2 branches de citronnelle (à acheter dans les épiceries asiatiques)

3 cuillères à café de gingembre moulu

du poivre vert frais (à acheter dans les épiceries asiatiques)

Si vous n'en trouvez pas, un petit pot de poivre vert en saumure fera l'affaire.

1 oignon

du sel

de l'agar-agar ou des feuilles de gélatine

du persil

 

P1030076b.jpgDésossez complètement votre poulet. Ne jetez rien sauf les abats.

Faites bouillir une marmite d'eau. Parfumez-la avec la citronnelle, le gingembre, le sel et la carcasse du poulet. Laisser bouillir pendant une bonne quinzaine de minutes. Puis ajoutez vos morceaux de poulet, réduisez le feu et laissez cuire encore 30 minutes.

Épluchez l'oignon et coupez-le en très fines rondelles. Décorez-en le fond d'une jolie terrine qui pourra contenir le poulet.

Rangez également dans la terrine vos morceaux de poulet égouttés.

Filtrez 150 cl de bouillon. Versez-le dans une casserole, faites bouillir et faites fondre vos feuilles de gélatine ou deux cuillères à café d'agar-agar dilué dans un peu d'eau. Ajoutez les branches de poivre vert frais. Laissez cuire à petits bouillons pendant 3 ou 4 minutes puis versez sur le poulet. Au dernier moment, ajoutez du persil ciselé.

Récupérez le poivre dans le bouillon et ajoutez-le dans la terrine, pour faire joli et pour donner du goût.

Laissez refroidir puis mettez-la au réfrigérateur au moins 12 heures pour que la gelée prenne.

Ce sera idéal pour un pique-nique et ça vous changera du sempiternel poulet rôti.

19.07.2010

Cukinia and sweet potato soufflé

 

P1190304b.jpgNon, la Cocotte ne fait pas collection de courgettes ! Elle fait collection de tas de choses, canards en plastique, boîtes de concentré de tomates, pavés, camions de bières... mais pas de courgettes. Pourtant elle en reçoit de partout. Elles pleuvent sur elle comme les grenouilles dans « Magnolia ».

Si cette année n'est pas une année à pépins et à noyaux, c'est une année à courgettes.

Alors elle se casse la tête à trouver des recettes. Il faut tromper l'ennemi, user de subterfuges parce que tout le monde dans le poulailler ne partage pas son amour des cucurbitacées.

Parfois elle n'a qu'à traduire un mot et quand elle amène le plat à table, ça passe preque comme une lettre à la poste.

Aujourd'hui, leçon de polonais. Répétez avec elle : cukinia !

Vous connaissez maintenant un mot en polonais, courgette.

Il n'est pas aisé à placer dans une discussion mais il est mignon, non ?

Si vous aimez les courgettes, vous allez être servi. Et si vous n'aimez pas, vous allez être servi aussi !

Voilà un plat à manger chaud ou froid, au goût délicat d'orzech kokosowy. Deuxième mot en polonais, la noix de coco ! Deux mots, ça suffit pour aujourd'hui.

 

Il vous faut :

500 gr de courgettes

500 gr de patate douce

1 boîte de 400 ml de lait de coco

1 oeuf

du thym

sel et poivre

 

 

P1010240.jpgCoupez en rondelles, courgettes non épluchées et patate épluchée. Mélangez dans un saladier lait de coco et oeuf. Salez, poivrez le liquide.

Alternez dans un plat qui va au four, une couche de courgettes et une couche de patate.

Versez le mélange lait de coco et oeuf. Faites cuire à 180°c pendant une trentaine de minutes.

17.07.2010

Brochettes de bœuf au Maroilles

 

P1170685b.jpgQuand vient l'été, l'homme du Nord fait rentrer du charbon...de bois et sort son barbecue. Docteur ès-merguez option retournage de saucisses, lui seul maîtrise l'art du feu. Réussira-t-il à griller parfaitement ce que la Cocotte a concocté ? Des brochettes japonisantes au bœuf de l'élevage des Flayelles à Ohain...

 

Recette

facile : 1 Cocotte

prix : 2 caddies

temps : 2 horloges

 

Pour 6 personnes

400 gr de filet de bœuf

1 Maroilles mignon

2 c.à.s de miel

5 c.à.s de sauce soja

poivre en grains

sésame

piques à brochettes en bois

 

Mettez quelques minutes la viande au congélateur pour la découper plus facilement.

Quand la viande est assez dure mais pas congelée, détaillez de fines tranches de 3 mm. L'idéal est d'avoir une trancheuse. Mais on y arrive très bien sans !

Découpez votre Maroilles en tranches.

Prenez en sandwich un pique à brochette avec le fromage et roulez le bœuf tout autour du fromage en serrant bien. Serrez surtout au bout des brochettes pour éviter que le fromage coule.

Préparez la marinade avec le miel et la sauce soja. Écrasez grossièrement les grains de poivre et parsemez-en vos brochettes. Déposez votre plat au réfrigérateur et laissez mariner 1 heure.

Appelez l'homme de la maison ou le voisin et demandez-lui d'allumer le barbecue.

Quand il juge que les braises sont bonnes, donnez-lui les brochettes et laissez-lui les cuire.

2 ou 3 minutes suffiront, le temps que le fromage fonde.

Au moment de servir, saupoudrez de sésame et accompagnez ce plat estival d'une belle salade aux pousses de soja avec une vinaigrette à la moutarde.

Le reste de l'année, vous pouvez également griller ces brochettes à la plancha ou au barbecue électrique.

Là, l'homme se sent moins utile mais il a l'habitude !

 

P1180422b.jpgProducteurs : Ghislaine et Christophe Destailleurs

Dans les années 90, Ghislaine et Christophe Destailleurs quittent la métropole Lilloise et ses terres rares et polluées et s'installent dans une grande ferme à Ohain. Là, dans ce coin de verdure, ils décident de produire des Limousines, de belles bêtes à viande. Ils élèvent également des porcs qu'ils transforment en bons jambons et saucissons. Ambassadeurs de la marque Parc (produit du parc naturel régional de l'Avesnois), ils préservent le bocage et entretiennent les haies, symboles de ce terroir. Dans le calme et en famille, ils vendent leur viande à des clients très fidèles, qui savent ce qui est bon.

Elevage des Flayelles, 49, rue de Momignies 59132 Ohain, 0327604588

 

Trucs et astuces

Pour réussir vos grillades de bœuf, ne prenez pas n'importe quel morceau.

De fines tranches de filet et de faux-filet seront parfaites à enrouler autour d'ananas, de pommes, de légumes en tous genres.

Pour les brochettes, vous pourrez faire des cubes dans de la macreuse, du gîte ou du plat-de-côtes. Mais faites mariner la viande plusieurs heures pour la rendre plus tendre.

En revanche, vous n'aurez pas besoin de faire mariner du rumsteck, du filet ou du faux-filet, sauf si vous voulez donner un goût particulier à votre viande, comme dans la recette de la Cocotte.

Huilez très légèrement votre viande et saisissez-la à chaleur vive.

Retrouvez cet article dans les pages régional de Version Femina, Edition Nord Pas-de-Calais du 19 au 25 juillet et sur le site de la Voix au féminin.

Bonne lecture

Odile Bazin, La Cocotte

10.07.2010

Zucchini lasagna

P1190246b.jpgSi vous avez deux secondes ou un tout petit peu plus, voici une fois de plus, une recette avec des courgettes.

C'est la saison alors on en profite.

Il vous faut :

2 courgettes

500 gr de chair à saucisse ou 250 gr de chair à saucisse et 250 gr de boeuf

Ou mélange boeuf-mouton ou que du boeuf...

1 oignon

1 gousse d'ail

des feuilles de menthe

1 oeuf

du fromage tur, du Beyaz peynir ou de la feta

des tomates

Un peu d'huile d'olive

Sel et poivre

 

Lavez les courgettes, coupez-les en rondelles. Faites de même pour les tomates.

Dans un saladier, mélangez la viande choisie, l'oignon et l'ail émincé, l'oeuf et la menthe. Salez et poivrez.

Puis dans un moule à cake ou des petits moules, versez un filet d'huile, déposez une première couche de courgettes puis les tomates, puis la viande, puis une fois fois courgettes et tomates et terminez par des tranches fines de fromage turc.

Passez à four chaud à 170°c pendant 25 à 30 minutes. Dégustez chaud avec un peu de semoule ou froid avec de la salade.

22.06.2010

Riz pois-carottes à la Cathy

collage2.jpgA quel âge devient-on un homme, un vrai, un tatoué ?

Certains pensent qu'on est homme, le jour où on a son premier couteau, le jour où on arrive à faire pipi debout, le jour où on allume son premier barbecue, le jour où on retient l'anniversaire de sa mère...

D'autres disent à leur fils, tu seras un homme si tu peux être dur sans jamais être en rage, si tu peux être brave et jamais imprudent, si tu sais être sage, sans être moral ni pédant,

D'autres encore leur disent qu'il suffit de sauter dans leur slip pour être un homme.

Est-il vrai que, si à 50 ans, on n'a pas de Rolex, on a raté sa vie ?

Est-ce qu'on rate sa vie quand on ne devient pas un homme ?

Et chez une femme, quelles sont les grandes étapes qui feront d'elle une vraie Madame ?

Quand elle réussit sa première omelette ? Quand elle marche avec des escarpins signés Manolo Blahnik... sans se tordre les chevilles ? Quand elle a vu le loup ?...

C'est quoi la Rolex de la femme ?

Et si on disait : « Si tu n'as pas de belle casserole à 28 ans, c'est que t'as raté ta vie. »

Pour ses 28 ans, le mari de la Cocotte lui a offert le nec plus ultra de la cuisinière, le Graal de toute ménagère, le meilleur du magasin d'ustensiles de cuisine, la Rolls Royce des casseroles.

Aaaaahhhh, elles sont belles, les casseroles de la Cocotte !

Et comme la Cocotte va s'attacher à elles, alors qu'elles, elles n'en ont pas le droit, comme elle va les garder à vie, c'est écrit sur l'étiquette, comme elles ont déjà une âme, la Cocotte les a baptisées.

Les deux premières de la série s'appellent Cathy et Catarina. Mais comme elles coûtent un bras, voire deux bras, le mari de la Cocotte n'aura jamais de Rolex...

Et si, tout simplement, on était un homme quand on faisait plaisir à sa chérie ?

Pour étrenner Cathy, la Cocotte lui a offert des petits pois frais, les meilleurs du marché, et des carottes nouvelles, les meilleures aussi. Rassurez-vous ! Dans des casseroles moches, ça marche aussi !

 

P1180672b.jpgIl vous faut :

800 gr de pois à écosser

1 botte de carottes nouvelles

1 cuillère d'huile d'olive

500 gr de sauté de porc

1 gros oignon

1 gousse d'ail

1 sachet de Spigol ou des filaments de safran

500 gr de riz Arborio (pour le risotto)

de l'eau

sel et poivre

Du parmesan pour servir

 

P1180646b.jpgÉcossez les petits pois, lavez-les. Épluchez les petites carottes si elles ne sont pas bio et coupez-les en rondelles de 3 mm. Faites-les cuire dans une casserole d'eau pendant 7 à 8 minutes et réservez.

Épluchez l'oignon et l'ail et ciselez-les.

Dans une grande sauteuse, faites chauffer l'huile. Faites revenir votre sauté de porc coupé en dés, l'oignon et l'ail. Saupoudrez de spigol ou mettez quelques filaments de safran.

Ajoutez le riz, mélangez jusqu'à ce que le riz soit translucide. Puis ajoutez de l'eau petit à petit.

Salez et poivrez. Laissez cuire le temps indiqué sur le paquet de riz en ajoutant régulièrement de l'eau. 2 ou 3 minutes avant la fin, ajoutez pois et carottes. Rectifiez l'assaisonnement.

Au moment de servir, proposez du parmesan fraîchement râpé.

Puis lavez votre casserole et posez-la bien en évidence dans votre cuisine rangée pour l'occasion et regardez-la, énamourée ! Oh, comme elle est belle !

09.06.2010

Carottes au miel à la Jacques Brel

P1180459b.jpgD'abord, d'abord y'a l'aînée, qui passe son bac c'te année, qui bosse comme une tarée, qu'a passé l'Norvégien, la physique, le latin, qui lit des trucs de fou, qui trime jusqu'à pas d'heure, pis qui envoie bouler, son père et pis sa mère, quand ils lui disent gentils, d'aller prendre un bol d'air.

Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on n'chôme pas, Monsieur, on n'chôme pas, on bûche.

Et puis, y'a le second, qui passe son bac d'français, qui lit tout en marchant, Baudelaire et Aragon, Zola pis Maupassant, qui parle métonymie, polyptote et ellipse, qui voudrait du bristol, pour s'faire des jolies fiches, qui débite et récite, ses cours toujours trop vite....

Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, Monsieur, on n'survole pas, Monsieur, on n'survole pas, on compulse.

Et puis y'a la dernière, celle qui fait d'la GR, qui jette ruban, massues, ballon et grand cerceau, et pis qui « va aux France », danser avec cadence, un noeud dans l'bas du ventre et le sourire forcé, pis qu'a bientôt 12 ans, qui n'est plus une enfant, qui l'montre à ses parents.

Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on n'flemmarde pas, Monsieur, on n'flemmarde pas, on s'exerce !

Et pis y'a la Cocotte et son petit mari, qui sont sous la pression de leurs enfants chéris, qui font du mieux qu'ils peuvent, pour éviter les cris, les pleurs, les p'tits soucis, qui sont plus stressés qu'eux mais qui n'le montrent pas. Ça sert à rien d'le dire, d'façon ils n'entendent pas.

 

Et puis, et puis y'a les carottes ! C'est trop bon, en p'tites bottes.

Ça fait du bien partout et ça a beaucoup d'goût.

Avec un peu de miel, on est dans l'démentiel !

En plus, on dit tout l'temps qu'en mangeant ça souvent,

On peut devenir sociable, charmant, gentil, aimable !

Les autres, ils disent tous ça

Les autres, ils disent tous ça

Que c'est bon pour le stress, la mémoire et le bizness,

Alors nous, on les croit, Monsieur

On les croit...

Parce que chez ces gens-là, Monsieur,

on aime ça, Monsieur, on aime ça !

Mais il est tard, Monsieur, il faut que je rentre chez moi.

 

P1020710-1.jpgIl vous faut :

1 botte de carottes nouvelles

2 cuillères à soupe de miel

sel et poivre fraîchement moulu

facultatif : quelques oignons nouveaux

 

Débarrassez les carottes de leur queue mais laissez un petit bout. Passez-les sous l'eau et grattez-les légèrement pour enlever les petits fils. Mais ne les épluchez pas.

Dans une poêle, faites fondre le miel. Quand il est chaud, ajoutez les carottes bien alignées et les oignons. Salez, poivrez. Au besoin, ajoutez un peu d'eau et couvrez.

Laissez cuire 10 minutes. C'est tout.

04.06.2010

Polpette al sugo, Polpette al limone

P1180287b.jpgEn faisant ces boulettes, vous ne ferez pas une sottise, une bévue, une gaffe, au sens initial de cette expression.

On ne se fichera pas de vous ! Bien au contraire ! Vous inspirerez le respect. La Cocotte vous l'assure. Certaines choses dans la vie vous attirent l'amour de certaines personnes et une reconnaissance éternelle. Il en est ainsi de ces boulettes. Sans vous mentir, la fille aînée de la Cocotte avait la larme à l'œil en les goûtant. Bon, il est vrai qu'elle est un peu bizarre parfois...mais quand même ! Pleurer en mangeant des boulettes, n'est-ce pas une preuve d'amour ?

Piochées dans un livre de recettes siciliennes, voici deux recettes simplifiées à l'extrême par la Cocotte, deux petites recettes de boulettes à servir entre la pasta et la cassata, en écoutant Caruso, autour d'une table où tous les invités sont habillés, grimés, déguisés comme dans le Parrain ou les Sopranos.

Amenez votre plat à table et prononcez fièrement, à la sicilienne « Polpette al sugo » et « Polpette al limone ».

Ite missa est ! La messe est dite, et en latin, en plus !

 

Il vous faut :

Pour les boulettes à la sauce tomate, polpette al sugo

500 gr de viande hachée, boeuf ou boeuf et porc

Le porc amène du fondant

100 gr de pecorino râpé

50 gr de mortadelle en tout petits morceaux

50 gr de chapelure

1 oeuf

un peu de lait

sel et poivre

huile d'olive

1 grosse boîte de pulpe de tomates

basilic, persil

 

Mélangez la viande, le fromage, la chapelure et l'œuf. Si cela vous paraît sec, ajoutez un peu de lait. Salez et poivrez. Puis formez des boulettes grosses comme une belle noix. Dans un grand plat qui va au four, versez un peu d'huile et déposez toutes les boulettes. Videz le contenu entier de la grosse boîte de pulpe de tomates puis faites cuire au four, à 180°c, vos boulettes pendant une petite demi-heure. A la sortie du four, parsemez de persil ciselé et de basilic en feuilles.

Ces herbes sont vraiment meilleures, surtout le basilic, quand elles ne sont pas cuites. Proposez du pecorino râpé et c'est tout !

 

P1010219.JPGPour les boulettes au citron, polpette al limone

500 gr de viande hachée, boeuf ou boeuf et porc

un peu de farine

100 gr de pecorino râpé

un petit verre de lait (facultatif)

80 gr de chapelure

le jus d'un citron

sel, poivre

1 cuillère d'huile d'olive

½ bouquet de persil ciselé

du basilic

 

Mélangez la viande, le pecorino, la chapelure, le sel et le poivre. Si cela vous paraît sec, ajoutez un peu de lait. Formez des boulettes grosses comme une belle noix et aplatissez-les un peu.

Passez-les toutes dans la farine. Puis dans une poêle, faites chauffer votre huile. Faites dorer vos p'tites boulettes des deux côtés. Ajoutez un grand verre d'eau. Avec la farine, ça va épaissir doucement. Laissez cuire une petite dizaine de minutes. Puis au moment de servir, parsemez de persil et de basilic et arrosez de jus de citron.

 

28.05.2010

Pour ma Maman et la vôtre

 

P1170696b.jpg« Écoutez mes sœurs !

Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit !

Écoutez...le bruit des mères !

Écoutez-le couler stagner dans ces ténèbres où poussent les mondes !

 

Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, le masculin couche avec l'Histoire. Mais il est d'autres récits. Des récits souterrains transmis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l'oreille des filles, sucés avec le lait, des paroles bues aux lèvres des mères. Rien n'est plus fascinant que cette magie apprise avec le sang, apprises avec les règles.

Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines.


Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. L'art culinaire des femmes regorge de mystère et de poésie.

Tout nous est enseigné à la fois : l'intensité du feu, l'eau du puits, la chaleur du fer, la blancheur des draps, les fragrances, les proportions, les prières, les morts, l'aiguille, et le fil... et le fil.

Parfois, des profondeurs d'une marmite en fonte surgit quelque figure desséchée. Une aïeule anonyme m'observe qui a tant su, tant vu, tant enduré.

Les douleurs muettes, de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées.

Onctueuses larmes au palais des hommes !

Par-delà le monde restreint de leur foyer, les femmes en ont surpris un autre.

Les petites portes des fourneaux, les bassines de bois, les trous des puits, les vieux citrons se sont ouverts sur un univers fabuleux qu'elles seules ont exploré.

Opposant à la réalité une résistance têtue, nos mères ont fini par courber la surface du monde du fond de leur cuisine.

Ce qui n'a jamais été écrit est féminin. »

Le cœur cousu, Carole Martinez

 

Et justement au fond de la casserole de la Cocotte, une recette que sa maman pourrait bien adorer.

Elle est pour toi, ma chérie, ma Maman !

Le coeur cousu2.jpgIl vous faut :

500 gr de pommes de terre

2 poireaux

2 cuillères à soupe de crème

100 gr de lardons fumés

un peu de beurre

 

Lavez les poireaux, jetez le vert et détaillez le blanc en fines rondelles. Vous pouvez enlever la tige blanche et dure au centre du légume. ce sera meilleur.

Faites fondre le beurre et ajoutez les blancs de poireaux. Laissez compoter pendant quelques minutes.

Ajoutez alors les pommes de terre épluchées et coupées en rondelles puis la crème et enfin les lardons. Poivrez et laissez cuire tout doucement jusqu'à ce qu'un couteau pointu transperce les pommes de terre.

Servez en accompagnant de très fines rondelles de poireau cru. C'est divin !

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