01.03.2010

Le paradigme du chou à l'ail

P1160008b.jpgIl faudra vous y faire. On a longtemps considéré le chou vert comme un légume qui ne sentait pas bon, qui empestait toute la maison dès lors qu'on le cuisinait, qui était difficile à digérer... Bref on trouvait plein de bonnes raisons pour ne pas en manger. Mais ce paradigme a changé. Désormais, même si ça pue toujours autant, un seul mot d'ordre nous est donné : Mangez du chou ! C'est bon pour tout ! Il est avéré que le chou vert ou rouge est un légume anti-carcinogène. Sa consommation régulière optimalise votre capital-santé et vos chances de ne pas contracter de cancer, notamment du côlon, de l'estomac, de l'œsophage ou encore du poumon. Pour le digérer, il suffirait de le blanchir deux fois en changeant l'eau. De ce fait, les éléments soufrés contenus dans ce légume responsables de sa mauvaise digestion sont éliminés. Vous pouvez aussi, on l'a déjà dit, ajouter quelques graines de cumin à la cuisson. Une fois cette problématique posée, ce schéma directeur vous donnera l'opportunité de fédérer tous les gens en termes de gastronomie du chou.

Vous avez vu comme la Cocotte s'exprime aujourd'hui ? Paradigme, problématique, schéma directeur, fédérer.... Ça en jette ! Ça fait des semaines qu'elle rêve d'utiliser le mot Paradigme, ça fait pas pipi loin mais qu'est-ce que ça sonne !

Allez, allez, comme Muriel Barbéry dirait : « Ça se passe dans ma tête et de commentaire ! »

 

Il vous faut :

1 petit chou vert

3 gousses d'ail

une petite poignée de gros raisins secs

des piments rouges (facultatifs)

sel et poivre

1 cuillère à café de curry en poudre

quelques graines de cumin

1 filet d'huile d'olive

 

Détachez toutes les feuilles de chou et enlevez la partie blanche du milieu.

Faites bouillir une marmite d'eau, lavez vos feuilles et détaillez-les en lanières plus ou moins fines.

Quand l'eau bout, plongez les lanières de chou et faites bouillir 1 ou 2 minutes. Recommencez cette opération en changeant l'eau.

Puis dans un fait-tout, faites chauffer un filet d'huile d'olive, ciselez l'ail. Ajoutez l'ail puis le chou, les petites rondelles de piments, le curry, les raisins, sel, poivre et terminez par 10 graines de cumin. Mélangez bien. Ajoutez un peu d'eau, couvrez et faites cuire pendant 1 bonne vingtaine de minutes.

Pendant ce temps, préparez du riz jasmin. Son odeur délicieusement parfumée chassera peut-être celle du chou.

Au moment de servir, mélangez à parts égales riz et chou, chou et riz !

14.02.2010

Mon amour, mon cœur !

 

P1150744.JPGLe chéri de la Cocotte est bien triste en ce moment. Pour de fâcheux désordres entériques, il doit suivre un régime strict, condamnant fruits, légumes, produits laitiers... Un régime qui l'autorise à ne manger que des pâtes, du riz ou des pommes de terre... seulement quand elles sont bouillies.

Mais dans le décor triste de son assiette, quand il y a des pâtes, il est heureux. Car le chéri de la Cocotte aime les pâtes.

Il n'est pas donc pas trop difficile pour sa chérie de Cocotte de lui faire plaisir. Un plat de pâtes, un peu de parmesan et hop, voilà un sourire qui point sur la bouille amaigrie du pauvre coco !

En ce jour de Saint-Valentin, il va donc falloir trouver une idée pour améliorer l'ordinaire du chéri, lui montrer qu'elle l'aime.

Alors que faire donc en ce jour ?

Ben des pâtes ! Mais on va les faire à deux, en amoureux. On va se jouer la scène de Belle et le clochard dans le resto italien. Seulement y'aura pas de sauce, le régime le proscrit.

A la Cocotte le soin de faire la pâte à pâtes et au Coco, celui d'utiliser la machine.

Mais cette fois-ci, on change quelque peu la préparation.

Si vous suivez ce blog, vous connaissez déjà la recette des pâtes-maison.

 

Il vous faut :

200 gr de farine

2 œufs

du colorant rouge ou du concentré de tomates

du sel

3 gouttes d'huile pour la cuisson

du parmesan pour servir

 

Pour la recette d'aujourd'hui, vous préparez votre pâte comme la cocotte vous l'a expliqué (cliquez ici). Mais avant d'utiliser votre machine à pâtes flambant neuf, vous prélevez un peu de votre pâte. Sur ce petit peu, vous ajoutez du colorant rouge et vous mélangez jusqu'à obtenir une belle boule d'un rouge uniforme. Si votre chéri à vous n'a pas de régime à suivre, remplacez le colorant par du concentré de tomates. Dans ce cas, vous serez très certainement obligée d'ajouter de la farine.

Cette boule, vous allez l'aplatir et avec un emporte-pièce en forme de cœur, vous allez découper plein de petits cœurs rouges que vous ferez cuire à part.

Faites des tagliatelle avec le reste de la pâte. Faites-les cuire.

Au moment de servir, formez des petits nids avec les tagliatelle et déposez vos cœurs tout autour.

Pour faire genre, versez quelques gouttes d'huile à l'arôme de truffe et ce sera grandiose.

Vous pouvez également préparer une sauce tomate à tomber ou à retomber amoureux.

Voici de jolis nids d'amour, un plat bien cucul-gnangnan pour la Saint-Valentin, pour montrer à votre coco que vous l'aimez.

Si vous avez de la chance, votre coco vous emmènera peut-être au resto. Laissez donc en plan votre pâte à pâtes, les cœurs, les nids, l'huile et tout et tout, et courez vite profiter de ce moment !

Joyeuse Saint-Valentin à tous les amoureux qui liront ce petit billet.

 

27.01.2010

Lasagnes au potiron

 

P1140976-1.jpgL'inventeur de la machine à pâtes est un certain Giovanni Machina della Pasta ! Le mardi 3 décembre 1896, au sous-sol de sa maison, dans son petit atelier de Little Italy, New York City, il met au point une machine qui va révolutionner le monde de la nouille.

Pour fêter dignement l'anniversaire de sa petite femme chérie, Giovanni prépare une pâte feuilletée pour faire une tarte aux pommes toute bête. Un peu paresseux, il cherche un moyen d'étaler la pâte le plus rapidement possible. Il déclarera plus tard : « J'avais pas que ça à faire, il fallait que je me grouille ! » Ayant repéré deux rouleaux à pâtisserie qui traînaient là et une manivelle de moulin à poivre (la femme de Giovanni n'était pas une fée du rangement !), en quelques heures, il fabrique une première machine qui écrase la pâte en lui donnant une forme étonnamment plane. Certes l'ébauche de cette machine nécessite des modifications, des perfectionnements. Mais l'essentiel est là.

Fier de lui, il nomme son œuvre très sobrement machina della pasta. Fou de joie, la machine sous le bras, il court retrouver sa femme à l'étage. Il veut lui expliquer le mécanisme, négligeant la tarte dans le four. De retour au sous-sol, la tarte a trop cuit et n'est pas très présentable. Il décide alors de cacher les défauts en la retournant sur un joli plat et se rend compte qu'il vient d'inventer la tarte tatin.

Si on vous raconte une autre version à propos de l'origine de ces deux inventions géniales, n'en croyez rien. Ce ne sont que mensonges et billevesées. La version de la Cocotte est la seule authentifiée.

 

Il vous faut :

Pour les lasagnes :

400 gr de farine

4 oeufs

1 cuillère d'huile d'olive

un peu de sel

3 ou 4 cuillères à soupe d'eau

Si vous n'avez pas de machine, optez pour des lasagnes toutes prêtes. Elles cuiront dans le four avec les autres ingrédients.

 

Pour la farce des lasagnes

600 à 700 gr de potiron

200 gr de lardons

1 oignon

1 branche de thym

sel et poivre

1 petit pot de fromage blanc et du lait

1 cuillère à soupe d'huile d'olive

Fromage râpé

 

P1010430.jpgPréparez votre pâte à lasagne comme suit :

On met tous les ingrédients (pour les lasagnes) dans un robot puis on met le robot en marche pendant 5 minutes. Au besoin, on ajoute un peu d'eau pour obtenir une belle boule de pâte bien lisse.

On coupe la boule en 5 ou 6 parties égales. Puis sur la machine à pâtes, on règle la position au plus épais. On passe chacune des boules de pâte dans la machine jusqu'à ce qu'elles pètent. Oui elles doivent finir par péter, c'est l'air qui sort de la pâte. On les dépose au fur et à mesure sur un grand drap. Il n'est pas besoin de les fariner.

Une fois passées au plus épais, on descend l'épaisseur en repassant plusieurs fois les plaques obtenues. On arrive au point le plus fin. Nos plaques sont magnifiques et n'ont pas besoin de passer dans l'eau bouillante pour cuire. Elles cuiront directement dans le four avec les autres ingrédients.

 

Pendant ce temps, coupez les oignons en lamelles. Coupez en dés le potiron et les lardons. Faites chauffer l'huile et faites revenir oignons et lardons puis les dés de potiron. Salez, poivrez. Vous pouvez ajouter un bouillon-cube si cela vous chante. Quand vos dés de potiron sont réduits en purée, ajoutez le fromage blanc et un peu de lait et arrêtez la cuisson.

Dans un plat qui va au four, versez du lait puis une première couche de lasagnes, recouvrez de la préparation potiron/lardons/oignons et recommencez jusqu'à épuisement des feuilles de lasagnes.

N'hésitez pas à ajouter du lait à chaque couche de pâte pour éviter que le plat soit trop sec.

Terminez par des lasagnes et du fromage râpé. Déposez une ou deux noisettes de beurre et faites cuire au four à 150°c pendant 40 à 45 minutes.

25.01.2010

Côtelettes d'agneau et langues d'oiseaux

 

P1140672-1.jpgCet ennéasyllabe ravira vos oreilles autant que vos papilles de gourmets.

Autrement dit ce vers de 9 pieds est aussi bon à manger qu'à scander.

Savez-vous ce que sont ces langues d'oiseaux si étranges ?

Ce sont de petites pâtes en forme de losange

qu'on trouve dans la cuisine grecque sous le nom de kritharaki

et à l'achat dans d'arabes épiceries.

Accompagnatrices idéales de viandes en sauce,

elles vont aussi dans le bouillon pour faire plaisir à vos gosses.

Quant aux côtelettes,

ne les choisissez pas maigrelettes.

Un soupçon de gras

pour le goût, à merveille leur siéra.

 

Il vous faut :

Pour 6 personnes

500 gr de langues d'oiseaux

6 petites côtelettes

1 cuillère d'huile d'olive

1 petite boîte de concentré de tomates

2 ou 3 branches de thym

du romarin et de l'origan

3 gousses d'ail

de la féta ou du fromage turc

 

Dans un tagine, faites revenir vos côtelettes dans l'huile chaude, faites dorer pendant 5 minutes puis ajoutez le concentré de tomates, l'ail, les herbes, le sel et le poivre.

Mouillez avec de l'eau pour obtenir une belle sauce onctueuse. Couvrez et laissez cuire 1 bonne trentaine de minutes.

Faites cuire vos langues d'oiseaux selon les indications notées sur le paquet.

Au moment de servir, dans un grand plat, versez vos langues d'oiseaux, la viande par dessus et saupoudrez de féta ou de fromage turc émietté ou râpé gros.

Un p'tit conseil : Lundi 25 janvier le magasin Lidl met en vente une machine à pâtes au prix incroyable de 15 euros ! Courez en acheter une, mes amis ! A ce prix-là, on n'hésite pas. Ce n'est pas avec cette machine que vous ferez des langues d'oiseaux mais vous pourrez faire plein d'autres choses. Revenez traîner sur le blog de la Cocotte dans quelques jours, il y aura une recette rien que pour vous.

15.01.2010

Chicon chinois

P1140506-1.jpgIl ne faut pas grand-chose parfois pour redonner un peu de pimpant à un plat éculé. Sur le principe du Mix-and-Match, voici une recette réalisée en 10 mn, une recette qui vous attirera les « Oh, mais tu as passé trois heures pour faire ça !» des cuisinières novices qu'un rien épate, une recette que vous déclinerez à l'envi parce que vous le valez bien, une recette « l'air de rien, ni vu ni connu, j't'embrouille » qui fera aimer les endives à vos chères têtes blondes ou brunes ou rousses...

Bref une recette toute simple et délicieuse.

On commence par choisir ses endives sur le marché. Il vous faut, en fait, des endivettes. Vous savez ? Ces petites endives pas franchement calibrées qu'un maraîcher trop consciencieux jetterait, des endives qui seraient peut-être un détail pour lui mais pour vous qui veulent dire beaucoup...

Or donc, on va chez son maraîcher préféré, on achète une dizaine d'endivettes. Ensuite on passe chez le chinois du coin, on fait le plein de feuilles de riz pour faire des nems. Puis on fait un passage chez le fromager et on se choisit un bon quart Maroilles, un p'tit Maroilles un peu mou-mou mais pas trop et on revient dans sa pagode et hop, on va se faire la version mandarine du chicon-gratin.

Si vous êtes des fidèles de ce blog, vous savez déjà qu'il faut un instrument essentiel au roulage des nems. Si vous ne l'êtes pas, notez donc sur votre liste de courses « achetez une vieille housse de traversin ou un vieux drap ». Et abonnez-vous à ce blog. La Cocotte ne sera pas obligée de tout répéter, non mais !

Il vous faut :

pour 2 nems par personne

(2 nems pour un plat unique, 1 nem pour une entrée)

Autant de feuilles de riz (assez grandes) et de fines tranches de lard que d'endivettes

1 peu de beurre

1 branchette de thym

sel et poivre

1 quart Maroilles

1 bonne cuillère de crème fraîche

1 peu d'huile

 

P1050208-1.jpgPréchauffez votre four à 180°c.

Enlevez délicatement au couteau la « base dure » de chaque endivette, c'est là que réside l'amertume de ce légume.

Enlevez également les premières feuilles un peu fanées, si feuilles fanées il y a et coupez l'extrême bout vert, si bout vert il y a !

Faites fondre une petite noix de beurre dans une sauteuse et déposez délicatement les endives. Faites chauffer doucement en ajoutant un peu d'eau pour ne pas les brûler, du thym et un morceau de sucre (ça enlève aussi l'amertume). Salez et poivrez. Retournez tout aussi délicatement les légumes et laissez cuire à couvert 5 minutes, pas plus.

Dans une assiette creuse, versez de l'eau tiède, voire chaude et un peu de sucre en poudre.

Etalez votre vieux drap ou housse de traversin, passez quelques secondes une feuille de riz dans cette eau et déposez-la sur le drap.

Déposez dans le bas une tranche de lard, par dessus ajoutez une endivette. Rabattez le bas de la galette sur cet appareil, puis rabattez les côtés et roulez votre nem tout simplement, en serrant bien.

Déposez-le sur une plaque légèrement huilée. Refaites la même opération jusqu'à épuisement des stocks.

Faites cuire pendant une quinzaine de minutes vos superbes nems. Laissez-les dorer, ce sera parfait.

Pendant ce temps, détaillez votre Maroilles et faites-le fondre dans une petite casserole en lui ajoutant un peu de crème fraîche pour faciliter la fonte. Poivrez et, si vous êtes du genre à ajouter du paprika, laissez-vous aller. Ajoutez-en une pincée.

Servez vos nems accompagnés d'une petite saucière de Maroilles. Deux choix s'offrent à vous :

Soit vous recouvrez vos nems de cette sauce, soit vous trempez façon dips vos nems dans la sauce.

Dans les 2 cas, vous allez vous régaler. Faites confiance à la Cocotte.

13.01.2010

Ravitoto Jérémy

 

P1140519-1.jpgGrande île de l'océan indien, au sud de l'équateur, dont les voisines sont les Comores, les Seychelles, La Réunion ou encore l'île Maurice, Madagascar n'a pas seulement vu naître l'ancien président, Marc Ravalomanana ou le tout jeune président Rajoelina, Antoine, le chanteur barbu, aux chemises à fleurs ou encore Sébastien Folin, monsieur météo chevelu à la TV française. Non, cette île a également vu naître un certain Jérémy, l'un des copains de la fille aînée de la Cocotte.

Et Jérémy qui n'est ni barbu, ni chevelu a gentiment glissé à l'oreille de l'aînée des poussins : « Invite Victor, Flo et moi et dis à ta mère de nous faire du raftout !»

Alors qu'a donc  fait la poulette ? Elle s'est empressée de demander à sa môman ce que le dit copain disait.

Résultat : La Cocotte a cherché pendant des jours et des jours sur internet le mot raftout pour voir à quoi ressembler la recette. Mais en vain !

Car voyez-vous, le malgache est facétieux. Il n'écrit pas ses mots comme il les prononce ! Il fallait chercher Ravitoto, voire Ravintoto.

Le ravitoto est un plat traditionnel de Madagascar, comme le romazava à base de zébu, le voajobory ou encore l'orandranomasina qui, comme chacun sait est un plat à base de langoustes !

Bref, le ravitoto ce sont des feuilles de manioc pilées. C'est la raison pour laquelle on a donné ce nom à la recette. Ajoutez du porc, quelques aromates, beaucoup d'huile et prononcez Raftout !

Les feuilles de manioc appelées également Saka-saka, elle les a trouvées dans une boutique de produits exotiques. La quantité d'huile, elle l'a divisée par 10 !

Elle a ajouté sa touche perso et elle a fait goûté ce plat à son p'tit poulailler. Pour être honnête, l'aspect est peu ragoûtant et mais ayez confiance, la saveur que ce plat dégage est absolument divine.

Le verdict a été plus que positif. La dernière en a même repris. C'est pour dire !

Maintenant la Cocotte peut déclarer fièrement à son aînée :« Tu peux dire à tes copains de venir, on va leur faire du raftout ! »

Si vous aussi, vous voulez inviter les copains de vos enfants, voici deux ou trois explications :

 

Il vous faut :

1 pot de ravitoto ou saka-saka ou feuilles de manioc pilées

1 kg de poitrine de porc en un seul morceau

10 cl d'huile

2 oignons*

3 gousses d'ail

1 petite boîte de concentré de tomates

3 cuillères de gingembre en poudre

2 branchettes de thym

1 boîte de lait de coco (facultatif)

du riz basmati

et pour accompagner, du sakay**

 

Épluchez les oignons et l'ail, détaillez les premiers en rondelles et ciselez l'ail. Faites revenir jusqu'à ce que les oignons deviennent transparents dans un peu d'huile.

Enlevez la peau de la poitrine de porc. Coupez votre viande en gros dés de 3 cm de côté.

Faites chauffer les 10 cl d'huile dans une marmite et faites revenir le porc pendant 10 à 15 minutes. Il doit dorer sur tous les côtés. Ajoutez ensuite les oignons et l'ail, le concentré de tomates, le gingembre, le thym et le contenu du pot de ravitoto. Mélangez bien, couvrez d'eau et laissez cuire à couvert, à feu modéré pendant 1 h 30/2 h. Un quart d'heure avant la fin, ajoutez le lait de coco.

Préparez votre riz. Accompagnez votre viande du, riz et de la purée de piment. Et voilà !

Vous avez fait du Ravitoto que vous prononcerez Raftout !

 

*Pour rassurer Evelyne, nouvelle abonnée à ce blog, l'oignon et l'ail sont facultatifs. Tu peux faire sans !

**Préparez votre sakay en broyant du piment rouge, 1 cuillère à café de gingembre en poudre, 2 gousses d'ail et un peu d'huile. Vous pouvez aussi le remplacer par de la harissa... Sauf s'ils sont malgaches, les copains de vos enfants n'y verront que du feu.

24.12.2009

PintaRde Farinelli

_MG_1022-1.jpgPintarde Farinelli

Oui, oui, vous avez bien lu ! Il s'agit bien d'une pintaRde avec un « R ». Il n'y a pas de coquille.

La semaine dernière, la Cocotte a entendu ce mot pour la première fois. « C'est quoi donc ? » a-t-elle dit à son volailler. Le résultat d'un croisement douteux entre une pintade et une poularde ? Un pingouin et une outarde ? Une nouvelle recette de lapin à la moutarde ? Une pinte de pocharde ?

Que nenni !

Messieurs, bouchez-vous les oreilles, fermez vos petits yeux ! Ce passage n'est pas pour vous. Une pintaRde, c'est une pintade émasculée, une pintade castrée, une pintade chaponnée, une pintade sans coquilles.

Oui mais dans quel but et qui fait ça ? Sommes-nous en présence d'un Mengele de basse-cour, amoureux de Farinelli, de Cafarelli, de Senesino, de Marianino,... ? Quand on sait que le cri de la pintade est le criaillement, on n'a pas franchement envie de l'entendre chanter !

S'agit-il d'une malheureuse manipulation pendant le plumage de la bête ? De la méprise  dun émasculeur béotien qui ne fait pas la différence entre un poulet et une pintade ?

Que nenni !

Il s'agit en fait de faire la même chose qu'avec un poulet ou un coq chaponné : On lui ôte les testicules pour que sa chair soit plus tendre et plus importante.

Une pintade normale pèse entre 1 kg et 1 kg 5 mais une pintarde peut peser plus de 2 kg.

On doit, paraît-il, cette création avicole à des producteurs du Gers.

Le résultat est le même que pour le chapon de poulet, sa chair est tendre, savoureuse, subtile.

C'est un délice. Si vous n'avez pas encore d'idée pour les fêtes, soyez à la mode, faites une pintarde.

La Cocotte vous donne une recette sans chichi.

Pour savourer ce nouveau volatile, il n'est point besoin de mille ingrédients. Vous allez voir.

 

P1130570-1.jpgIl vous faut :

1 belle pintarde

3 ou 4 cuillères à soupe d'huile de tournesol

3 cuillères de paprika

de la fleur de sel de Guérande

du poivre du moulin

1 branche de thym

3 gousses d'ail

1 ou 2 pommes

5 ou 6 grosses échalotes « cuisses de poulet »

 

Préparez un mélange huile, sel, poivre et paprika pour enduire votre volaille.

Farcissez la pintade chaponnée de thym, d'ail épluché, de pommes épluchées et coupées en quartiers, un peu de sel et de poivre.

Badigeonnez votre volaille du mélange huile/paprika.

Déposez-la dans un grand plat allant au four et disposez tout autour les échalotes épluchées.

Faites cuire à four chaud (180°c) pendant une bonne quarantaine de minutes puis baissez la température à 100/120°c pendant encore une bonne heure. Arrosez du jus de cuisson.

Pour l'accompagner, faites des galettes de pommes de terre, genre Rösti et une belle salade d'endives au bleu et aux noisettes.

Vous allez vous régaler.

Joyeuses fêtes les petits poussins.

18.12.2009

Choux de Bruxelles à la béchamel

 

P1120922-1.jpgLe chou, oui ! Mais de Bruxelles, non !

Qu'il soit nain ou demi-nain, précoce de Fontenay ou dur de Gelis, le chou de Bruxelles n'est vraiment pas la tasse de thé de la Cocotte. Pouark !

Savoir que ce petit chou est peu calorique, qu'il est riche en vitamines A, B et C, en phosphore, en fibres, qu'il détient des propriétés anti-oxydantes et anti-cancéreuses, elle s'en fiche.

Savoir que le département du Pas de Calais est responsable du quart de la production française, elle en tremble !

Et savoir que la production s'étend d'octobre à décembre, parfois même jusqu'en février, ça l'a achevé !

Imaginer que pendant encore 10 semaines elle risque d'en avoir dans son panier, alors là, non, trop, c'est trop ! Il va falloir réagir !

Il va falloir les préparer, trouver des idées pour passer de ce goût de poussière à quelque chose de mangeable, qui ne sent pas mauvais. Comment faire ?

La Cocotte a cherché et a trouvé plusieurs idées et s'est dit qu'il valait mieux accompagner ce légume d'une bonne sauce qui cacherait ce goût de sac d'aspirateur. Elle a donc appel au divin marquis de Béchameil et voici ce qu'elle a fait.

Dans son poulailler, les réactions ont différé. Vous les découvrirez après la recette.

 

Il vous faut donc :

1 kg de choux de Bruxelles

50 gr de beurre

3 cuillères à soupe de farine

du lait

150 gr de fromage râpé

1 bouillon-cube de légumes

100 gr de bon lard fumé

sel, poivre et muscade

 

P1120919-1.jpgNettoyez vos choux en enlevant les premières feuilles à la base, coupez l'excédent de queue et rincez-les.

Faites bouillir de l'eau salée et plongez-les pendant 5 minutes. Il paraît que ça les rend plus digestes. Il paraît...

Vous pouvez répéter l'opération une fois de plus, d'après mes copines.

Déposez-les dans un plat qui « vataufour ». Préparez votre béchamel en faisant fondre le beurre dans une casserole, ajoutez la farine puis le lait petit à petit pour avoir une sauce onctueuse.

Terminez en ajoutant le cube de bouillon de légumes, le fromage râpé et les lardons, histoire de bien, bien masquer le goût du chou. Salez, poivrez et « muscadez ».

Nappez de cette sauce vos légumes. Ajoutez, s'il vous en reste, un peu de fromage et faites cuire à four chaud pendant une trentaine de minutes.

Servez chaud !

Comme la Cocotte aime ses enfants, elle leur a servi 3 choux, à peine. Comme ils aiment leur môman, ils ont goûté, ont mangé toute la sauce qui était comme le marquis... divine ! Et ont laissé les 2/3 des choux.

La Cocotte a fait comme eux. Non, c'est vraiment pas possible. Ça ne passera pas !

Et le chéri de la Cocotte a tout mangé. Il a adoré ! Il a même fini le plat !

Décidément, il est un mystère à lui-même !

Au fait, avez-vous lu la Voix du Nord de ce mardi ? A Warneton, près d'Armentières, un camion en provenance de Belgique s'est renversé, répandant sur la chaussée plus de 26 tonnes de choux de Bruxelles ! Quelle bonne nouvelle ! C'est toujours ça qu'on n'aura pas à manger !

Et vous, vous aimez ça ?

16.12.2009

Risotto à la palermitaine

P1130316.jpgConnaissez-vous un restaurant dans la région qui attire des centaines de personnes chaque jour ?

Un restaurant attirant des gens capables de faire des milliers de kilomètres pour venir goûter les recettes des chefs qui se succèdent toute la semaine ? Un restaurant où une foule bigarrée fait la queue dans un calme étrange ? Un restaurant qui attire les médias ? Hier, une télévision allemande interviewait les clients. Des clients, tous jeunes, qui ont l'âge des enfants de la Cocotte, parlant tigrigna, farsi, pachtou, dari et un sabir franco-anglais ? Un restaurant à ciel ouvert, balayé par un vent marin apportant avec lui les promesses d'une vie meilleure ?

Alors vous avez trouvé ?

A l'invitation de sa copine Dominique, lundi, la Cocotte est allée dans les cuisines de ce restaurant. Ces cuisines sont pleines de couleurs. Il y a des jolies phrases sur le ballon d'eau chaude, des nounours qui pendouillent, des marmites en veux-tu, en voilà, des rayons complets d'épices. C'est important les épices. Les clients du restau aiment la cuisine épicée !

Avec une toute petite bonne femme de plus de 80 ans, une étudiante en école d'assistante sociale, une insulaire avec un bel accent italien, dans la joie et la bonne humeur, elles ont épluché 20 kilos de carottes, lavé plus de 50 bottes de poireaux, effeuillé des dizaines de salades, émincé des champignons, découpé de la mimolette, préparé 15 choux-fleurs, trié et compté des clémentines, bu du café, nettoyé des marmites de 50 litres, passé la serpillière, chargé un fourgon de pain, de fruits, de fromage, de 6 malles isothermes de « risotto à la palermitaine ».

Ce lundi, le chef du risotto, c'était François. Depuis 3 ans, sans défection, une fois par semaine, François et 4 amis, font 100 km pour faire la cuisine, sous la houlette de Jean-Pierre.

Jean-Pierre, lui, c'est le roi du système D, c'est lui qui dégotte les quintaux de riz, de pâtes, de fruits et légumes, qui élabore les menus avec une attention toute diététique. Lui, il est là tous les jours depuis maintenant 7 ans, avec d'autres, comme ça, juste parce qu'il sait que des gamins de 20 ans ont besoin de manger.

Et là, on comprend pourquoi les gens viennent de si loin pour goûter à ces plats. La cuisine sentait divinement bon et elle était diablement bonne. Hum, les encornets ! Même pas durs et délicieusement parfumés ! Et le riz ! Oh, le riz, épicé juste ce qu'il faut. Une merveille !

 

Allez, la Cocotte vous donne la solution :

Ce restaurant, c'est celui de l'association Salam, à Calais, situé non loin de la rue de l'Espérance. Et depuis 7 ans, il donne à manger à des jeunes sans-papier, venus d'Afghanistan, d'Erythrée, d'Irak, d'Iran, venus tous de leur plein gré, pour fuir la guerre et la misère.

 

Les proportions données pour cette recette peuvent être ajustées sans problème. C'est suivant les arrivages.

 

P1130311.jpgPour 160 personnes, il vous faut :

10 kg d'encornets

un peu de concentré de tomates pour donner de la couleur

des oignons

10 kg de carottes

5 kg de champignons

5 kg de haricots rouges

15 kilos de riz

des épices

sel et poivre

les feuilles d'une dizaine de petites salades

 

Dans une énorme marmite, faites revenir les encornets* avec le concentré de tomates et les oignons dans de l'huile.

Préparez un bouillon de légumes. Vous pouvez le faire la veille. Répartissez-le dans 4 énormes cocottes, ajoutez les carottes coupées en rondelles de 7 à 8 mm, les champignons émincés, les haricots rouges en boîte. Faites chauffer pendant une trentaine de minutes.

Puis ajoutez les encornets.

Versez le riz, laissez cuire encore une quinzaine de minutes. Puis terminez par la salade. Le Chef François dit que les gamins aiment ce petit côté craquant dans le plat. Arrêtez la cuisson.

Transvidez dans les malles isothermes, chargez le fourgon et rendez vous sur le port de Calais.

Là, près des grilles, des centaines de clients attendent déjà. Dans le calme et dans le froid. Il faut aller vite.

Sur place, il y a un grand type qui baragouine l'anglais et qui accueille ces mômes avec un « Comment ça va mon ami ? » Des filles distribuent le pain, les fruits, les barquettes de risotto. Dans un coin, il y a une rallonge pour recharger les téléphones des mômes. Ça va vite. Il fait froid.

Lundi soir, il faisait -2°c.

*Le p'tit conseil de la Cocotte : Pour éviter de manger des encornets au goût de caoutchouc, mettez un bouchon de liège dans la marmite, ça les ramollit.

Et si vous avez des stocks de pâtes et de riz, faites signe à Jean-Pierre. Et les épices aussi ! Oui les épices ! Il ne faut pas les oublier !

02.12.2009

Polenta 2A4H

polenta la Cocotte2.jpgLe weekend dernier, dans le cadre de la fête de la science à Douai, des étudiants de l'école des Mines proposaient un atelier de cuisine moléculaire aux enfants.

Amener les jeunes à la science par ce biais ludique est sans conteste important, encore faut-il que les expérimentations soient bonnes à la dégustation et pas nocives à leur santé.

Hier encensée, portée aux nues, déifiée et aujourd'hui conspuée, décriée, vouée aux gémonies par certains grands cuisiniers, journalistes et critiques gastronomiques, la cuisine moléculaire n'a pas fini de nous interpeller.

Et le livre-brûlot de l'allemand Jorg Zipprick qui détaille par le menu « les dessous peu appétissants » de cette cuisine a au moins le mérite d'alimenter le débat.

A la lecture de ce réquistoire, la Cocotte, fan de Ferran Adria, chantre catalan de la floculation et de l'émulsion, a soudain eu les chocottes.

Doit-on s'émerveiller devant ses sphères nuageuses, fumeuses, azotées, d'olives ou d'oeufs en tout genre, de ses soupes de pin aux algues, de ses guimauves au parmesan ?

Les alginates, le ferrocyanure de sodium, la méthylcellulose qui aident à la préparation de ses expérimentations n'ont-ils pour seul but que d'amuser les papilles des gens riches et chanceux d'avoir eu une place chez « El Bulli » ?

Tous ces produits peuvent-ils avoir un effet nocif sur notre santé ?

Doit-on s'inquiéter du lobbying de ces grands groupes industriels qui élaborent ces produits de synthèse et qui cherchent à remplacer l'alimentation issue de l'agriculture « normale » à des fins évidemment mercantiles ?

 

Aujourd'hui la Cocotte vous propose un plat aux antipodes de la cuisine moléculaire.

Point besoin de laboratoire, de chauffe-ballons, de bec Bunsen, de burettes et de boîtes de Pétri, de tubes à essai, de pipettes, de propipettes, de pompe à vide ou de trompe à eau, d'ampoule à décanter et de bain thermostaté... Point besoin d'azote, de maltodextrine, de citrate de lithium, de propylène glycol, de diglutamate, qu'il soit de magnesium ou de calcium...

Non ! la réaction chimique de ce plat sera un dégagement de 2A4H,  deux molécules de ahh et 4 de hummmm !

 

Un plat de fainéant, de feignasse, pour faire plaisir à Viviane.

 

Il ne vous faut que quelques amis, un grand plateau en bois,une marmite de ragù, un paquet de polenta et des cuillères à soupe

Vous avez ça dans vos placards ?

 

polenta2.jpgPour le ragù :

1 bon kilo de viande de porc ou de boeuf ou de veau ou de poulet au choix

2 cuillères à soupe d'huile d'olive

1 grosse boîte de tomates pelées

5 gousses d'ail

1 belle branche de thym

1 kg de poivrons rouges, verts et jaunes, pour faire beau sur le bois

sel et poivre

un piment ou deux, histoire de relever le plat

 

Coupez la viande choisie en lanières. Faites chauffer l'huile dans une grande marmite et faites-y revenir vos morceaux de viande. Ajoutez les tomates pelées grossièrement écrasées. Laissez cuire pendant un petit quart d'heure. Ensuite ajoutez vos poivrons coupés également en lanières, l'ail pilé et le thym. Le piment peut être ajouté à ce moment. Salez, poivrez selon votre goût. Couvrez et laissez cuire à feu doux pendant une bonne heure.

 

Pour la polenta :

un paquet de 500 gr de polenta précuite (il ne vous faudra que 5 minutes pour la préparer)

3 litres d'eau bouillante salée

du parmesan à foison

 

Quand votre eau bout, versez en pluie la polenta et mélangez bien pendant 5 minutes. La polenta « normale » nécessite d'être remuée pendant plus de 30 minutes.

Au bout des 5 minutes, prenez un grand plateau rond en bois, versez dessus votre polenta, faites un grand creux au milieu et dans ce creux, versez votre ragù. Ça fume mais c'est normal, ça sort de la marmite !

Et voilà pourquoi la Cocotte dit que c'est un plat de feignasse :

Amenez votre plateau à table, amenez également un bol de parmesan, donnez une cuillère à soupe à chacun de vos invités et mangez la polenta et le ragù à même le plat.

Pas de vaisselle à laver. Rien ! Nada ! Niente ! Oui, vous avez bien lu, Mesdames, pas de vaisselle !

Juste le plaisir de vous régaler avec vos amis. De la cuisine élémentaire.

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