vendredi, 19 mars 2010

Cocotte Pommes de terre et mascarpone

 

P1160388b.jpgQu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse... Cet adage n'est pas de mise dans la cuisine.

Regardez toutes les émissions culinaires à la TV et vous verrez qu'on peut servir à peu près n'importe quoi, dès lors qu'on le présente dans un joli récipient.

Le contenant est devenu plus important que le contenu.

Si vous n'avez pas d'idées, pas de problème ! Les éditeurs pensent à vous et vous offrent un large choix de livres dont les recettes sont souvent des resucées mais adaptées à un type de récipients. Les verrines en sont l'exemple parfait mais vous trouverez également des livres portant sur des boîtes de conserve, de sardine, de camembert, de biscuits... Ajoutez au titre le qualificatif petit et c'est parti, vous pouvez vous prendre pour un grand chef. Rien que ça !

Ainsi les cocottes... qu'il faut acheter petites, de préférence en fonte et en autant d'exemplaires que vous avez de convives. Mais avant tout achat, sachez que les petites cocottes coûtent aussi cher que les grandes et que dans deux ans, elles prendront la poussière dans un coin reculé de votre cuisine où elles iront rejoindre tout un inventaire d'ustensiles rigoureusement indispensables, aux dires des présentateurs excellemment formés à la persuasion, comme le cuit-oeufs à ondes inversées, le couteau à pamplemousse vietnamien, l'émulsionneur anti-redéposition, le hachoir ionisateur, le zesteur-dénoyauteur en chinchenille mercerisé, la râpe qui se dilate....

Pour lui faire plaisir, le chéri de La Cocotte lui a offert les cocottes et les livres. Il est gentil, son chéri. Les verrines, les petits plats en ardoise... elle en a eu aussi et se demande bien ce qu'elle aura à la prochaine fête des mères. Elle a bien des idées de livres : Cuisinez dans vos vieux pots de peinture, Servez tous vous repas sur votre journal quotidien, Faites des brochettes avec des tournevis, Préparez cocktails et smoothies dans des bouteilles plastique, Gardez vos bouchons pour les amuse-gueules...

Ça va en jeter sur la table ! Pour faire comme les autres, voici une recette de cocotte pommes de terre et mascarpone, belle à regarder et surtout bonne à manger.

 

Il vous faut :

Des petites cocottes rouges

(si vous n'en avez pas,  sachez que ça marche aussi avec des bleues, sauf que vous aurez du mal à trouver des oignons bleus...)

2 pommes de terre par cocotte

1 oignon rouge

un peu de mascarpone

du thym

sel et poivre

 

Petites cocottes.jpgÉpluchez vos pommes de terre et détaillez-les à la mandoline ou coupez-les très finement.

Faites de même avec l'oignon.

Dans le fond de chaque cocotte, déposez une cuillère à café de mascarpone puis les tranches d'une pomme de terre, salez, poivrez, parfumez de thym puis recommencez l'opération avec la seconde pomme de terre en finissant par les fines tranches d'oignon rouge.

Emballez votre cocotte dans du papier-alu et déposez-les dans une sauteuse contenant de l'eau pour les faire cuire au bain-marie. Laissez-les cuire à feu modéré pendant 40 à 50 minutes.

Sortez-les du papier au moment de servir et couvrez-les vite de leur joli couvercle avant qu'elles ne refroidissent.

C'est pas beau, ça ?

mardi, 08 décembre 2009

Galettes de pommes de terre ou Reibekuchen

P1100934-1.jpgVous n'avez rien à faire ce weekend ? Vous cherchez désespérément une idée ? Pas de problème ! La cocotte vous en donne une.

Demandez à 25 copains de venir avec vous pour une virée en Moselle, côté Teuton. Direction les marchés de Noël.

De la plus grande ville au plus petit village, l'Allemagne offre aux touristes une belle tradition, conviviale et à la portée de toutes les bourses.

Arrêtez-vous dans toutes les échoppes, achetez couronnes, boules, ribambelles de lutins et de Père-Noël, casse-noisettes, planches à découper, mobiles de clochettes, d'angelots...

Et malheureusement pour votre ligne, vous ne pourrez pas faire autrement que de vous arrêter à tous les stands de nourriture.

Goûtez le vin blanc chaud à la cannelle, les pains d'épice en forme de cœur, d'étoile, de sapin, de bonhomme, testez les gaufres, les crêpes, les Flammkuchen, le punch aux oeufs, la fondue au fromage, les Dampfnudeln et les Bretzel dont nous reparlerons plus tard, et les Reibekuchen !

Ach, die Reibekuchen, das ist toll !

Les Reibekuchen sont des galettes de pommes de terre râpées que les Teutons aiment à accompagner de compote de pomme (Apfelmus) ou encore du saumon fumé (Raücherlachs mit Sahne) et une belle cuillère de crème aigrelette.

On les mange sur le pouce, comme ça.

Ensuite avec vos 25 amis, passez à un autre stand pour vous régaler de nouvelles choses et profiter de ces moments rares.

Il paraît que les meilleurs Reibekuchen sont à déguster près de la gare de Cologne.

 

Il vous faut :

1 kg de bonnes pommes de terre
100 gr de lard fumé (facultatif)
1 bel oignon (facultatif)
2 oeufs
30 gr de farine
sel et poivre
1 peu d'huile
1 torchon qui ne craint rien


P1130093.jpgÉpluchez et râpez les pommes de terre. Mettez-les dans un torchon et faites sortir, en tordant le torchon, toute l'eau contenue dans les pommes de terre.
Dans 1 grande poêle, faites chauffer l'huile. Déposez le lard coupé en petits dés et l'oignon émincé, faites revenir 1 peu puis ajoutez les pommes de terre râpées. Mélangez tous les ingrédients et faites chauffer un peu d'huile dans une poêle. Quand l'huile est bien chaude, déposez une bonne grosse cuillère à soupe de votre préparation, aplatissez un peu pour former une galette de 10 cm de diamètre. Faites-en autant que la poêle peut en contenir et laissez cuire le premier côté pendant 4 ou 5 minutes à feu vif puis retournez les galettes et laissez cuire encore 4 à 5 minutes. Elles doivent être toutes croustillantes.
Salez et poivrez et servez vos galettes nature ou comme indiqué ci-dessus.

Bon alors, les Reibekuchen, ça, c'est fait !

Revenez dans deux jours pour une nouvelle recette allemande : une grosse boule de pâte cuite à la vapeur et plus, si affinité....

 

 

jeudi, 26 novembre 2009

Potato and celery Muffin

P1120603-1.jpgDe la Cocotte à ….,

25 novembre 2009

« Je viens de terminer le livre que mon amie Elisabeth m'a prêté. Le connais-tu ? Il s'intitule "le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ». Quel titre étrange, me diras-tu. Tu penseras peut-être, me connaissant bien maintenant, que c'est un livre de cuisine. Encore un ! Te diras-tu. Et bien non !

Écrit à quatre mains par deux anglaises, ce livre raconte, par le biais d'une correspondance entre une romancière et plusieurs personnes, l'occupation allemande de l'île de Guernesey pendant la seconde guerre mondiale. La romancière, l'héroïne, apprend l'existence d'un club littéraire sur cette île et décide de correspondre avec plusieurs membres de cet aréopage hétéroclite. Au début, par curiosité et amusement et à la fin, par devoir d'histoire*. Le début du livre est léger comme les Anglais savent parfaitement l'être en littérature et à mesure qu'on tourne les pages, la légèreté fait place au silence, au recueillement. D'ailleurs les auteurs utilisent une citation de Sénèque faisant dire à l'un des personnages : « les petits maux sont loquaces mais les grandes peines sont muettes ». Par petites touches impressionnistes, les membres du club racontent leurs années de privation. Privation de tout, même de leurs enfants, envoyés en Angleterre pour les protéger ! Ils racontent l'horreur de la guerre, les dénonciations, les bunkers, les très jeunes travailleurs de l'organisation Todt, les animaux réquisitionnés, les amitiés, les amours.... Ils racontent parce qu'on leur demande de le faire et parce que la parole libère souvent, voire presque toujours. Et dans ce livre, plane l'ombre fantomatique d'une femme ayant vécu dans l'île, envoyée dans un camp de concentration... Elizabeth, elle s'appelle ! Quelle coïncidence !

Lis ce livre, ma douce amie ! Partage avec moi ce moment de bonheur quand l'un des personnages raconte l'histoire du chat Muffin. Oui, il se nomme Muffin, c'est beau, non ? Je veux te faire partager tous ces instants où l'on rend hommage aux grands écrivains britanniques et notamment à l'une d'entre eux que j'adore, Jane Austen. Connais-tu Jane Austen ? Bien sûr que tu connais puisque tu me connais ! Pars avec moi à la recherche de la recette de cette tourte aux épluchures de patates que l'un des membres accommode d'une bien étrange façon. Prends le bateau avec moi et allons à Guernesey respirer le bon air qui semble y régner. Veux-tu ?

Écris-moi vite ! Envoie-moi tes pensées sur ce livre, envoie-moi également ta recette de « potato peel pie » ! Will you ?

 

Sincerely,

L. Cocotte

 

*A ce propos, je te recommande, ma tendre amie, la lecture de la Voix du Nord de ce mardi 24 novembre, il y a un très bel article sur la visite de lycéens du Nord Pas de Calais au camp de concentration d'Auschwitz, visite organisée par le conseil régional et le rectorat. Quand je parlais ci-dessus de silence et de recueillement...

 

Et puisqu'il s'agit ici de donner une recette, tu t'attends très certainement à ce que je donne une recette de tourte aux épluchures de patates. Non, tu ne l'auras pas. Tu auras une recette de muffin aux pommes de terre. Qu'en dis-tu ?

 

P1120631-1.jpgIl te faudra, ma bonne amie :

200 gr de pommes de terre

100 gr de céleri-boule

Si ce sont des pommes de terre bio, lave-les bien et garde les épluchures. Sinon jette-les.

150 gr de farine

2 oeufs

1 oignon

100 gr de jambon

1 gousse d'ail ciselée

une poignée de persil ciselé

un peu d'huile de tournesol (5cl)

une tasse de lait

sel et poivre

1 cuillère à café de baking powder (levure chimique). En anglais, c'est plus chic, non ?

 

Râpe les pommes de terre et le céleri dans un saladier, tu peux également râper l'oignon. Découpe en petits dés le jambon. Mets tous ces ingrédients dans le saladier en terminant par la « baking powder ». Mélange consciencieusement et répartis cette préparation dans 6 moules à muffins. Fais cuire à four chaud, 160/180°c, pendant une bonne trentaine de minutes.

Sers tes muffins accompagnés d'une bonne salade et d'une viande rôtie, par exemple.

mercredi, 26 août 2009

Potthucke

P1100708.JPGC'est pas français, ça ! C'est quoi ce truc ?

C'est allemand, Madame ! C'est un plat originaire du Sauerland, non loin de la Ruhr, région de Rhénanie-Westphalie, en Allemagne.

La Cocotte y est allée faire un tour cet été et elle a ramené dans ses valises cette recette que vous allez faire et refaire.

La Ruhr, surnommée Ruhrpott (en référence aux puits de mine), a été désignée capitale européenne de la culture en 2010. C'est un gros losange écrasé qui s'étend de Dortmund à Duisburg, d'est en ouest et de Recklinghausen à Witten, du nord au sud. Plus de 5 millions d'habitants d'origines très diverses y vivent et y vivent bien, apparemment.

Pour l'occasion, plus de 1500 manifestations sont prévues de janvier à novembre 2010, avec notamment une chorale de plus de 70000 chanteurs dont des mineurs, un pique-nique géant sur 60 km d'autoroute, des spectacles de théâtre,,,

C'est la première fois qu'on met une région à l'honneur. Et c'est une région que vous devez visiter. Si, si ! Oh, je vous vois sourire. Souriez, mes amis, souriez !

On a vraiment une image négative de cet endroit qui nous fait penser à Germinal version teutonne. Mais quand on fait l'effort d'y aller, il suffit de sortir de l'autoroute et de se laisser mener sur les petites routes traversant des vallées, des forêts, des villages magnifiques pour changer d'avis.

Région très fortement industrialisée dans les derniers 200 ans, elle s'est doucement reconvertie vers une société tertiaire sans jamais renier son passé. Allez visiter les multiples musées et écomusées consacrés aux gueules noires, vous verrez ! Ce n'est qu'à 3 heures de route de Lille !

Ouais, c'est bien beau tout ça mais on est là pour manger.

 

Le Potthucke est un plat de pauvres à l'origine, récupéré allègrement par les habitants de la Ruhr, Sans viande, il ne coûtait rien, pouvait rester sur le feu à charbon toute la journée sans problème et comblait l'appétit féroce des gueules noires, une fois le soir venu.

Avec le temps, la recette a été améliorée, on y ajouté des saucisses, des épices,,, Mais l'idée de base, ce sont des pommes de terre râpées avec de la crème.

 

P1100701.JPGIl vous faut donc :

1 kg de pommes de terre crues

250 gr de pommes de terre cuites

4 oeufs

30 cl de crème liquide

une pincée de sel, de poivre, de cumin moulu et de muscade

6 mettkas (petites saucisses fumées polonaises qu'on trouve partout)

1 oignon râpé(facultatif)

 

Épluchez vos pommes de terre crues, râpez-les finement et déposez-les dans un saladier. Ajoutez les pommes de terre cuites et épluchées que vous découperez en rondelles ou écraserez.

Ensuite mélangez oeufs, crème, sel, poivre, cumin et muscade et ajoutez tout ça aux pommes de terre. Brassez bien. Prenez un moule à cake en silicone, un moule à manqué fera aussi l'affaire, déposez-y la moitié de la préparation et ajoutez vos 6 saucisses. Recouvrez du reste du mélange. Mettez au four à 180°c pendant une petite heure. Démoulez et coupez délicatement en tranches.

Voilà, c'est tout ! Vous allez me dire, tout ça pour ça ! Et oui ! Tout ça pour ça ! Mais c'est bon et vous direz merci à la Cocotte, après y avoir goûté.

Vous servirez le Potthucke accompagné d'une bonne salade. Vous pourrez également l'accompagner de sauce brune (Sosse zum braten, auf Deutsch) allongée à la bière.

Et s'il vous en reste, ce qui serait étonnant, faites revenir le lendemain, les tranches de Potthucke dans un peu de matière grasse, à la poêle.

La Cocotte vous prévient, elle n'a pas fini de vous embêter avec l'Allemagne ! Sachez-le !

Le site de "Ruhr 2010" : site en allemand et en anglais

L'Office national allemand du tourisme : site en français

Musée de plein-air de Hagen : site en allemand